Transition – Agroécologie
Carence en Faire
Les X mois d’été ont été particulièrement éprouvants sur la ferme. Les vagues de chaleur à répétition ont engendrés du travail en plus, et nous avons beaucoup moins travaillé les après midi, pour cause de fatigue et de chaleur.
La canicule du mois de mai a été la plus dure. Des températures hautes, mais surtout une faune et flore non préparée, sur des journées particulièrement longues. La plupart des petits animaux ont leurs petits à cette époque : chauve-souris, hirondelles, passereaux, … et les parents n’arrivent pas à subvenir aux besoins des petits augmentés avec la chaleur.
Les végétaux en pleine floraison perdent leurs fleurs et fruits à venir.
Nous avons passé du temps à arroser les végétaux autour de la maison, le potager, les abris animaux, créer de l’ombrage, et faire le minimum du travail journalier.
Certaines vagues de chaleur ont été trop longues, et les pauses entre un peu courtes.
Les impacts sont multiples :
– Les prairies n’ont pas permis de faire pâturer les brebis, mais ont servi à leur dégourdir les pattes la nuit. Nous avons dû compenser le manque d’herbe en donnant du foin réalisé cette année, et plus de céréales en impactant le stock de cet hivers.
– Nous avons dû racheter du foin au prix fort, car n’étant pas les seuls agriculteurs dans le coin (France et Espagne), et la chaleur empêchant de faire la deuxième coupe, le prix a été multiplié par 2.
– Les brebis sont descendues plus vite en lactation. Pendant une canicule, le corps produit moins de lait, les brebis mangent moins, et la nourriture était plus sèche. Nous aurons environ 1500L de moins cette année, soit environ 10 %.
– Une grosse consommation d’eau potable utilisée pour l’arrosage et la mise en survie de la faune et flore de notre zone 1.
– Des réflexions adaptatives et des remises en question.
Jusqu’à quel point sera-t-il possible de faire de l’agriculture si l’environnement devient aussi dur, et si l’activité humaine rejetant du carbone et responsable de ce dérèglement climatique accélère au lieu de ralentir.
Pendant la première partie de la canicule, nous avons réfléchi aux solutions d’adaptation à ce changement climatique, qui à défaut d’être une exception, a été un palier important.
– Changer le calendrier de production / aller en estive :
L’idée serait de trouver une montagne pour emmener les brebis en estive, mais du coup décaler les naissances et la période de traite pour ne pas avoir de traite pendant les mois d’été.
Les avantages seraient de fournir de l’herbe aux brebis « toute » l’année et de ne pas les voir souffrir pendant l’été.
Les inconvénients portent sur le fait de devoir donner beaucoup de bon foin pendant l’hiver, qui deviendrait la période où leurs besoins physiologiques sont le plus important (pic de lactation), et d’arrêter les marchés d’été qui représentaient jusqu’à présent la grosse partie du chiffre d’affaire.
Aujourd’hui, le retour des éleveurs de brebis partant en estive écarte cette solution.
La chaleur et le manque d’eau ont également bien impacté les troupeaux en montagne. Manque d’eau et de nourriture, augmentation de la prédation. Certaines vallées ont dû redescendre leurs troupeaux en août, soit avec 2 mois d’avance.
– Mettre en place des solutions pour rester sur place :
Actuellement les terres sont irrigables, car elles étaient travaillées auparavant en céréales et un réseau d’irrigation est mis en place sur une partie des terres. Il faudrait donc acheter le matériel pour arroser les prairies et le mettre en place pendant les canicules.
Une prairie demandant moins d’eau qu’un champ de céréales, la consommation serait faible et permettrait d’avoir sur une partie de nos prairies de l’herbe à pâturer.
Globalement on parle d’un enrouleur et de tuyaux métalliques de raccordement.
Coût estimé à environ 3.000 euros.
La deuxième solution consisterait à mettre en place des systèmes de récupération d’eau de pluie sur nos toitures. Cela nécessite un peu de terrassement, plomberie (filtres, surpresseur..), et la mise en place de citerne de récupération. Cela permettrait de fournir de l’eau pour l’abreuvement des animaux, et d’arroser le potager et les plantes autour de la maison. (nous faisons le choix de ne pas arroser le verger).
Coût estimé 10.000 euros
La troisième solution est de mettre en place des ombrières : végétales ou artificielles pour pouvoir mettre en place de l’ombre à la faune et la flore à certains endroits refuges. Cette solution reste à creuser, car si le végétal a trop chaud, il bloque son évaporation et peut même perdre son feuillage pour se mettre en sécurité, et les solutions manufacturées demandent des structures et souvent résistent moins bien au vent.
Et souvent après une canicule, nous avons eu des vents violents, petites ou moyennes tempêtes, avec ou sans grêle.
Nous attendons que les haies plantées poussent et fassent une ombre de bordure, reste à voir si il faut planter de nouveaux arbres isolés, ou mettre en place des structures artificielles.
Coût estimé : en végétal 2.000 euros, en artificiel non estimé
La quatrième solution est d’acheter des terres en plus, pour faire pâturer nos prairies. En combinant plantation de légumineuses, qui « résistent » mieux à la chaleur. Cela permettrait d’éviter le surpâturage, réduire la parasitisme et donner plus de souplesses à certains moments de l’année.
Coût estimé : 10 Ha, environ 50.000euros
Dans l’immédiat, nous aimerions bien mettre en place les deux premières solutions, et c’est dans ce cadre que vous pouvez nous aider.
Nous ne souhaitons pas passer par une cagnotte de financement participatif en ligne, mais vous pouvez soit nous faire un don, soit nous passer une commande de fromage.
Nous pouvons vous envoyer une tomme ou 1/2 tomme par chrono post (entre 1,5-3,5Kg) en France.
L’argent collecté nous permettra de financer ces premières solutions.
L’été se termine (prophétie autoréalisatrice). On en avait besoin…. Il faut maintenant rattraper le temps perdu, faire le travail mis de côté, ne pas encore se relâcher de la pression accumulée cet été avant la pause automnale. Le mois de septembre sera particulièrement chargé.
Nous allons notamment réimplanter une prairie de luzerne, ranger le foin, débroussailler les bords de parcelle, transformer des brebis de réforme en merguez, enlever le fumier de la bergerie, l’épandre dans les champs, en plus de notre quotidien !!😫😫😫
Nous partageons une pensée de soutien à tous nos collègues paysans, qui ont également souffert cet été. Les maraîchers (ceux qui nous nourrissent) sont épuisés, et dépités de leur saison. Beaucoup se demandent comment continuer. Mais c’est le cas aussi pour les autres, avec des lois qui ne nous soutiennent pas, et un coût d’achat des matières premières qui monte, souvent indexé sur le prix du pétrole.
Nous espérons de tout cœur, que cet été aura aussi des conséquences positives de prise de conscience et de mise en mouvement pour participer collectivement à une société qui résistera mieux au changement climatique.
Le pire serait sans doute l’inaction.
Biz et eskerrik asko (merci)
PS : notre coup de coeur musique de cet été 2026 en fin d’article !!

Dur dur pour tout le monde et particulièrement la faune et la flore. Merci de nous le rappeler, de nous reconnecter…
Comment faire pour un don?
Des bises
Merci pour cet élan, cela peut etre un virement avec un RIB ou par wero.
A bientot Anthony !!
Bonjour Loîc
Peux tu me transmettre ton rib , je souhaite abonder une « cagnote en direct »
Bon courage et à bientot
J.J. Garbay